2013-01-27

Comment s'approprier correctement une bonne idée

Alan Weiss répète souvent qu'il n'y a rien de neuf sous le soleil. Par cela, il veut faire comprendre aux gens que pour avoir du succès, il n'est pas nécessaire d'inventer quelque chose de faramineux ou même de jamais vu. D'ailleurs, une des manières les plus efficaces de réussir en ce sens est de prendre une idée d'une autre personne et de se l'approprier adéquatement.

L'idée, ici, n'est pas de copier mais de faire quelque chose de différent. Par exemple: l'iPhone, le conte du "Vilain petit canard" qui a été utilisé souvent comme archétype d'histoire d'émancipation, le reggaeton qui est un mélange de reggae et de rythme latino, etc.

Les publicités suivantes sont une autre manifestation de cette approche. C'est une série de spots publicitaire pour une boisson que je ne connais pas. Mais l'inspiration originale vient de la dernière publicité de la vidéo, qui est pour un produit complètement différent. La nouvelle mouture, avec le riff de guitare (créé par mon cousin), la séquence qui mène à la danse (qui me rappelle vaguement Astérix qui boit de la potion magique) et le ton jovial est quelque chose de similaire, mais complètement différent. Big Shake s'est approprié l'idée et en a fait quelque chose d'unique.

Il est facile d'avoir des idées. Comme on dit en aglais, "They are a dime a dozen."

La partie difficile c'est l'exécution.

2012-05-16

La gaffe magistrale de Léo Bureau-Blouin

Dans le conflit qui oppose les étudiant du Québec au gouvernement du Québec, je crois que Léo Bureau-Blouin a commis sa première gaffe majeure. En fait, elle est tellement majeure qu'elle en est magistrale. C'est avec désolation que je l'ai entendu dire « Un bon père de famille n'appelle pas la police pour régler ses conflits. » 

Pourquoi est-ce une gaffe majeure? Parce que par ses propos, il a personnalisé le problème. En effet, comment peut on évoquer un père de famille sans y attacher toute la connotation émotive qui l'accompagne? Si M. Charest est fidèle à lui-même, il risque de reprendre ces paroles et de les retourner contre Léo Bureau-Blouin.

Depuis le début du conflit, les étudiants demandent à être traités comme des adultes. Pourquoi changer de cap maintenant? Après tant de temps, le bon père de famille risque de donner la fessée et d'envoyer l'enfant en pénitence dans le coin pour qu'il réfléchisse à ses actions.

Qu'auront-ils accompli, dans ce cas?

2012-04-15

Comment se chante votre culture d'entreprise?


Depuis trois ans je chante dans l'ensemble vocal « Les Enchanteurs. » Nous venons de terminer notre saison 2011-2012, qui a été couronnée par trois spectacles hauts en couleur et énergie. Ces spectacles sont l'aboutissement de sept mois de travail ardu. C'est la récompense pour tous nos efforts et immanquablement, le public est enchanté par la prestation que nous offrons. Il n'y a rien de tel que de terminer une chanson et d'entendre quelqu'un dans le public crier « Wow! » avant que les applaudissements commencent!
  
Rendre ce spectacle à terme a été particulièrement difficile cette année pour plusieurs raisons. Les deux dernières années, nous étions environ 90 chanteurs sur scène. Cette année, nous étions environ 70. Des chanteurs ont quitté l'ensemble pour diverses raisons : certains chanteurs ont déménagé; certains ont décidé de se concentrer sur d'autres aspects de leur vie; d'autres étaient malades ou blessés et ne pouvaient plus pratiquer, de sorte qu'ils ont dû se retirer. Nous avons également perdu l'un de nos chanteurs - et ami - une semaine avant le premier spectacle.
  
Il y a eu plusieurs problèmes logistiques, ainsi que des événements imprévus, qui auraient pu dérailler le processus à tout moment. Le jour avant le premier spectacle, la tension et l'anxiété étaient à un niveau élevé, et ce n'était pas seulement à cause du trac. Pourtant, nous avons encore réussi à livrer un excellent spectacle. D'après les commentaires que j'ai entendus, de nombreux participants ont estimé que c'était le meilleur spectacle en 16 années d'existence de l'ensemble.
  
Plusieurs facteurs ont aidé les chanteurs à surmonter tous les obstacles et embûches que nous avons rencontrés au cours de l'année :
  • Chaque chanteur est passionné, non seulement par le chant, mais par le groupe aussi. Pour beaucoup de choristes, faire partie du groupe c'est comme avoir une deuxième famille.
  • Chaque chanteur met une partie de lui-même ou d'elle-même en jeu. Nous invitons nos amis et familles aux spectacles. Tout le monde met les efforts nécessaires pour offrir le meilleur spectacle possible au public.
  • Nous avons été gardés à l'abri de la plupart des problèmes. Les membres du C.A. ont géré le gros des situations difficiles auxquelles nous avons dû faire face. Cela a permis aux choristes de se concentrer sur le chant et la danse.
  • Nous sommes entourés par des gens compétents qui complètent ce que nous ne faisons pas aussi bien qu'eux : la création de chorégraphies, la mise en scène d'un spectacle cohérent autour de la sélection des chansons, la logistique de la scène, de l'éclairage et de tout ce qui entoure la production d'un tel spectacle.
  • Chacun se préoccupe des autres personnes dans le groupe. Personne n'est laissé pour compte.
  • Tout se fait avec dans le rire et la bonne humeur.
Quand je travaille avec des clients qui sentent qu'ils obtiennent le meilleur de leurs employés, je peux facilement reconnaître la plupart des points énumérés ci-dessus dans leur compagnie. Cela n'arrive pas accidentellement : cela fait partie de la culture de l'entreprise. Ce ne sont pas juste des mots affichés sur un mur ou distribués dans un mémo. Ces valeurs sont véhiculées quotidiennement à travers les actions des dirigeants et des employés. Elles sont évidentes non seulement dans les aspects commerciaux de l'entreprise (c'est-à-dire les produits et services offerts) mais aussi dans les aspects non commerciaux comme l'implication communautaire, par exemple.
  
Cela affecte aussi la façon dont les employés parlent de l'entreprise une fois qu'ils quittent le lieu de travail. Dans une compagnie avec une culture d'entreprise saine, le discours est essentiellement positif. Avec une culture malsaine, c'est le plus souvent négatif.
  
La création d'une culture d'entreprise saine nécessite du travail et nécessite encore plus de travail et d'attention à maintenir en place. Cependant, cette culture permet à une entreprise d'obtenir une meilleure performance de ses employés, réduit le roulement du personnel et au bout du compte, augmente ses bénéfices.
  
Si vos employés devaient chanter vos louanges, serait-ce une douce harmonie ou une cacophonie inécoutable?

2012-03-25

Pourquoi je pense que Sophie va gagner

Je viens de vraiment regarder une prestation des Académiciens pour la première fois cette saison. Selon moi, Sophie va gagner pour les raisons suivantes:

  • Sa chanson était plus difficile à chanter que celle de Jean-Marc.
  • Jean-Marc a été (trop) égal tout au long de la chanson mais sa voix a craqué à la fin. Sophie a eu un peu de difficulté au début mais elle a fini en force et c'est le feeling qu'il restera de sa performance.
  • Pendant la chanson de Jean-Marc, je me disais «Quelque chose manque.» Puis il a pris sa guitare et j'ai senti quelque chose. Mais au lieu de continuer à l'utiliser, il l'a remise dans son dos. Sa guitare, au lieu de l'avoir aidé comme elle aurait dû, s'est avérée être un handicap.
  • Sophie a gagné au moment où elle a pris le micro dans ses mains et qu'elle s'est rapprochée du public. C'est une des choses que je recommande à ceux et celle qui veulent établir un coontact fort avec leur public lorsqu'ils parlent en public: éliminez tout ce qui vous sépare de votre public. Souvent, ce sont des bureaux ou des lutrins. Dans le case de Jean-Marc, c'était la guitare et le micro. Sophie a éliminé ces barrières et cela lui a permis de briller dans toute sa splendeur.

Échec et mat.

2011-11-29

Les employés fidèles, une utopie du passé?

Josée a eu une mauvaise année. Entre les problèmes de santé, les problèmes familiaux et les problèmes au travail, elle se sent dépassée. Le travail qu'elle était en mesure de faire régulièrement lui paraît désormais comme une montagne. Elle n'y ressent aucune joie ou sentiment d'accomplissement. Elle pense aussi qu'elle n'est plus aussi performante qu'avant. Elle décide d'en discuter avec son patron.

« J'ai vu sur le babillard d'emploi qu'un autre département a besoin de pourvoir un poste pour lequel j'ai les compétences et je pense que c'est un travail que je pourrais bien faire et que j'aimerais faire. »

« Mais, » dit son patron, « je ne peux pas te laisser partir. Tu es nécessaire ici et nous sommes déjà un nombre insuffisant d'employés. J'ai vraiment besoin de toutes les personnes que j'ai. »

« D'accord », répond Josée. « Puis-je avoir un congé sans solde, alors? J'ai besoin d'une pause pour reprendre mon énergie, remettre mes idées en place afin de pouvoir recommencer à faire mon travail comme avant. »

« Comme je l'ai dit Josée, nous avons vraiment besoin de chacun à bord. Je ne peux pas te donner plus de congés, je suis désolé. »

« Moi aussi », a conclu Josée. « Je démissionne. »

Cette vignette est basée sur une histoire vraie - en fait, sur plusieurs histoires vraies. Ce n'est pas une situation rare du tout. J'entends régulièrement des gens me dire qu'ils sont prêts à quitter leur entreprise dès qu'ils trouveront quelque chose de mieux. Dans de nombreux cas, ce qui sauve les patrons c'est que la loi d'inertie joue en leur faveur : les employés sont tellement ancrés dans leurs habitudes qu'il leur faut un trop grand d'effort pour faire les démarches nécessaires. Alors, ils restent là où ils sont et continuent de se plaindre.

Toutefois, certains employés - généralement les meilleurs - sont prêts à faire cet effort, sans plus regarder en arrière. Une fois leur décision prise, il n'y a plus grand-chose que le patron puisse faire pour leur faire changer d'avis. Les patrons se retrouvent alors dans une situation plus difficile qu'auparavant. Quelles sont les chances que vous, le supérieur d'un employé, les poussiez par inadvertance à prendre la porte? Les réponses à quelques questions peuvent vous donner une idée.

Connaissez-vous les objectifs à moyen et long terme de vos employés?

Vos employés ont-ils un avenir dans votre entreprise?

Savent-ils à quoi peut ressembler cet avenir?

Discutez-vous de l'avenir de vos employés dans l'entreprise?

En avez-vous discuté avec vos supérieurs?

En avez-vous discuté avec l'employé?

Avez-vous établi des plans de carrière avec vos employés?

Pensez-vous que ce soit principalement votre responsabilité, plutôt que celle des ressources humaines?

Avez-vous un plan de formation formel pour permettre à l'employé de se rendre là où il le désire?

Avez-vous des mesures incitatives en place pour garder les meilleurs employés heureux et prêts à rester avec l'entreprise?

Je pense que de nombreux employeurs ont renoncé à construire des plans de carrière à long terme avec leurs employés, parce qu'ils estiment que la fidélité est sur le déclin. C'est peut-être le cas, mais je pense que c'est principalement un résultat des suppressions de postes sauvages du passé. Plusieurs employés ont maintenant l'impression que faire le saut d'une entreprise à une autre est mieux pour leur carrière que de rester dans une seule entreprise. Je pense que le contraire est vrai : lorsque les employés sont heureux et épanouis au travail, ils fonctionnent mieux et sont réticents à passer par les affres de la recherche d'un nouveau poste ailleurs. Toutefois, ceci se produit seulement si l'employeur démontre clairement aux salariés à travers la parole et les actes qu'il apprécie la valeur unique et la contribution individuelle de chaque employé à la réussite de l'entreprise.

Tous les bons employés ont un désir de se sentir utiles et appréciés pour le travail qu'ils font. C'est simplement la nature humaine.

Je pense que Josée était une bonne employée, mais son patron ne semblait pas le voir ainsi. Maintenant, il l'a perdue et il est probablement dans une pire situation qu'avant. Quant à Josée, elle prend une longueur d'avance sur une passion qu'elle avait prévu poursuivre uniquement dans dix à quinze ans.

Si vous aviez été le patron de Josée, serait-elle encore à votre emploi?

2011-11-24

Les employés sont notre atout le plus important?

Tout le monde est remplaçable, mais personne n'est jetable. C'est la différence entre avoir des employés et gérer des ressources. Être remplaçable signifie que si un employé quitte la compagnie ou est congédié, c'est possible de le remplacer. Typiquement, trouver un tel remplacement exige un investissement. En tant que leader, vous avez investi temps, argent, et émotion pour construire votre équipe. Lorsqu'un membre de l'équipe part, afin de le remplacer, vous devez trouver le juste équilibre de compétences et d'attitude, de sorte que la nouvelle personne s'accorde bien dans le groupe.

 

Quand un employé est jetable, cela signifie qu'il est d'une utilité limitée et qu'une fois sa date de péremption dépassée, vous vous en débarrassez sans y réfléchir davantage. C'est très bien pour une boîte de conserve, mais cela ne fonctionne pas aussi bien pour les gens. Les employés sentent quand une personne dans une position d'autorité pense peu d'eux. Lorsqu'ils le réalisent, bien sûr, ils se rebellent. Ils ne vont pas descendre dans les rues et protester comme ils le font actuellement en Grèce ou à Wall Street, mais leurs actions le démontrent. Ils vont travailler plus lentement, ils seront plus souvent malades, ils trouveront plus de problèmes avec le travail qu'ils doivent effectuer. Ils pourraient même aller aussi loin que de saboter les projets, juste pour que le leader paraisse mal.

 

Parlez à n'importe quel leader dans n'importe quelle entreprise et éventuellement, vous entendrez cette phrase célèbre : « Nos gens sont notre atout le plus important. » Pourtant, lorsque vous creusez un peu plus loin, vous réalisez que ce ne sont que des paroles. Cela peut prendre plusieurs formes :

  • les gestionnaires qui ne parlent pas à leurs subordonnés face à face, mais préfèrent le faire par courriel;
  • il y a ceux qui ne répondent pas aux messages ou aux demandes sauf si elles sont répétées plus d'une fois;
  • certains acceptent les réunions, arrivent en retard, mais demandent à être mis au courant pendant tout le monde attend;
  • certains planifient et se présentent en retard à leurs propres réunions, ou ne sont pas préparés pour les mener adéquatement;
  • les employés sont obligés de travailler avec des outils inadéquats, même si ces outils sont essentiels à leur productivité;
  • les employés ne sont pas mis au courant d'informations importantes qui peuvent affecter leur travail;
  • des changements sont planifiés sans l'apport, et souvent sans le soutien des employés, ce qui rend plus difficile la mise en oeuvre de ces changements.

Ce sont là quelques situations qui peuvent affecter le moral des employés et peuvent compromettre le leadership d'un gestionnaire.

 

Si quelqu'un se présentait sur votre lieu de travail, dirait-il que les employés ne sont pas jetables? Comment verrait-il que les employés sont vraiment votre atout le plus important?

2011-11-15

Donnez votre 110%

« Je veux que vous donniez votre 110 %! »

 

Combien de fois avez-vous entendu cela? Combien de fois avez-vous dit cela? Mettons de côté le fait qu'on ne peut donner 110 % de soi et que vous ne pouvez pas donner 100 % tout le temps, sinon vous vous brûlerez. Après tout, si les humains pouvaient se donner à 100 % tout le temps, Usain Bolt pourrait courir le marathon en 67 minutes, ce qui représente environ la moitié moins que le record du monde actuel. En tant que leader, vous voulez plutôt que vos employés donnent le maximum d'effort aussi souvent que possible. Peu importe ce que vous essayez, il ne sera jamais à 100 %.

 

Les employés ne sont pas des robots, ce sont des personnes et les personnes se fatiguent, elles sont distraites, elles tombent malades et ainsi de suite. Chacun de ces facteurs les empêche d'avoir un rendement de 100 % et il n'y a rien que vous puissiez faire à ce sujet. Cependant, il y a de nombreux autres facteurs qui affectent cet effort, sur lesquels un leader peut avoir un certain contrôle.

  • L'interaction sociale : l'interaction sociale est une part importante du travail. Les gens qui travaillent souvent ensemble commencent éventuellement à partager des informations personnelles, ils rient ensemble, ils développent des amitiés et ainsi de suite. C'est une partie importante de la création d'un esprit d'équipe. Cependant, cela peut être nocif si les gens ne font que plaisanter et accomplissent peu (comme dans l'excellente comédie anglaise « The Office »).
  • Les mauvais outils : la technologie dans tous les domaines progresse à une vitesse vertigineuse. Il est presque impossible de soutenir ce rythme. Prenons les logiciels, par exemple. De nombreuses entreprises attendent avant de mettre à jour les logiciels qu'ils utilisent. Toutefois, lorsque les outils accusent cinq ou six ans de retard sur les versions courantes, les employés peuvent perdre beaucoup de temps à faire des choses que les versions plus récentes peuvent faire plus efficacement.
  • Compétences inadéquates : est-ce que Paul a les compétences nécessaires pour faire son travail, ou doit-il mettre deux fois plus d'efforts pour accomplir le même travail que les autres dans son équipe? Est-ce que son patron est au courant de cette situation? Quelle aide lui est disponible pour améliorer ces compétences inadéquates?
  • La microgestion : Est-ce que Suzanne met plus d'efforts à atteindre ses objectifs ou à rapporter ce qu'elle fait? Y a-t-il des jalons prévus, où Suzanne doit signaler ses progrès ou mettre en garde contre les problèmes possibles? Y a-t-il assez de confiance entre son superviseur et elle pour qu'elle soit aussi efficace que possible, sans que le superviseur soit constamment inquiet qu'elle ne fasse pas son travail correctement?
  • Atmosphère négative : Cela peut prendre plusieurs formes allant du commérage, aux conflits ouverts, aux jeux politiques, à la menace de licenciements. Quand l'atmosphère est trop négative, les employés mettent plus d'effort sur eux-mêmes afin de se protéger et essayer de contourner les situations dangereuses que sur l'exécution du travail.

Bien sûr, il peut y avoir de nombreux autres distractions ou problèmes qui affectent le rendement d'un employé. Certains sont sous le contrôle du leader (processus de travail inadapté, excès de réunions obligatoires) alors que certains ne sont pas (problèmes personnels, maladie). Le tout est illustré dans le schéma suivant :

Graphe 

Peu importe ce que vous faites, les employés ne peuvent pas donner 100 % tous les jours, toute la journée. Cependant, si en tant que leader vous identifiez les problèmes qui affectent le rendement inefficace et que vous pouvez les résoudre, alors vous pourriez obtenir 80 % tous les jours. C'est beaucoup mieux que la moyenne.

2011-11-08

Les employés sont également des personnes

En tant que leader, comment voyez-vous vos employés?Que représentent-ils? Sont-ils votre atout le plus important? Représentent-ils une source inépuisable de problèmes? Permettent-ils un budget plus important et plus de responsabilités? Ou est-ce quelque chose d'autre entièrement? C'est une question simple, vraiment, quand on y pense. Heureusement, elle a aussi une réponse simple. Les employés sont des personnes. C'est tout. Ce sont des gens.

 

Maintenant, elles peuvent être des personnes qui ont été embauchées pour faire une certaine tâche; ils peuvent être des gens qui aident à atteindre des objectifs; elles peuvent être des personnes qui représentent des actifs - et des dépenses - sur le bilan, mais d'abord et avant tout, ce sont des gens. Pourquoi est-ce si important? Parce que parfois les leaders peuvent être tellement pris dans les tâches quotidiennes, les objectifs, les budgets et les autres « trucs » qui sont importants pour effectuer leur travail, qu'ils oublient que le seul moyen de réussir à faire ces choses est de traiter avec les gens. Pas des chiffres, pas le bilan financier, mais les individus d'abord. Ces personnes ne sont pas seulement un moyen d'atteindre un but : c'est la seule manière d'y arriver. Sans eux, il n'y a pas de résultats, il n'y a pas d'atteinte des objectifs, et le plancher s'écroule sous vos pieds.

 

Si les dirigeants oublient qu'ils font affaire avec des individus d'abord, cela peut causer toutes sortes de problèmes, parfois à court terme, parfois à long terme. Mais les résultats sont les mêmes : plus d'efforts sont nécessaires pour que le travail se fasse, il y a plus de problèmes à gérer, et l'atmosphère dans le lieu de travail devient plus nocive. Éventuellement, cela rattrape le dirigeant : délais non respectés, dépassements de coûts, rendement réduit et, bien sûr, plus de stress qui peut conduire à des problèmes de santé.

 

Au cours des prochaines semaines, je vais couvrir divers aspects de ce côté humain du leadership. Comme toujours, je vous invite à envoyer vos commentaires, questions et suggestions.

 

Peu importe ce que dit le titre sur la carte professionnelle, on ne peut être  

leader si personne n'accepte de suivre. On n'est pas nommé leader, les gens décident d'accorder cette distinction. On est patron ou superviseur par décret, mais on est leader par consensus. En sous-estimant cet aspect humain du leadership, le leader réduit considérablement son efficacité.

2011-11-01

Relever le défi

Steve Jobs a redéfini le paysage numérique. Linus Torvalds a galvanisé un mouvement qui permet aujourd'hui l'existence d'Internet. Terry Fox a tenté de traverser le Canada sur une jambe. Comment relever de tels défis?

 

Ayez un «Pourquoi» implacable. Si vous lisez sur les personnes qui ont accompli de grands exploits, alors qu'ils n'étaient pas obligés de le faire, on en revient toujours au pourquoi. Cela vaut autant pour Terry Fox, Steve Jobs, Linus Torvalds ou quelqu'un qui essaie d'arrêter de fumer ou tente de perdre du poids. Tous ont une raison puissante pour réussir ce défi. Sans une telle raison, le défi aura le dessus.

 

Planifiez et préparez. Si vous comptez courir un marathon, vous ne pouvez pas tout simplement vous présenter sur la ligne d'arrivée et espérer terminer. Vous devez vous préparer à l'avance, soit en courant des distances plus longues que d'habitude, en modifiant votre alimentation ou obtenant l'équipement approprié.

 

Commencez. C'est bien de se préparer et de planifier, mais si vous ne commencez pas, rien ne se passera. Les premiers pas sont souvent les plus difficiles. Vous pouvez soit commencer lentement et prendre de la vitesse au fur et à mesure, ou commencer rapidement et suivre cette lancée. Ce dernier mieux car lorsqu'on démarre bien, il devient plus difficile de tout laisser tomber, après avoir tant fait en si peu de temps.

 

Mesurez. Comment saurez-vous lorsque vous êtes près de votre but? Si vous ne pouvez pas mesurer vos progrès, il est difficile de savoir si vous avancez dans la bonne direction. À la longue, cela peut devenir décourageant et peut vous faire tout laisser tomber.

 

Ayez un système de soutien. Plus la tâche est ardue, plus vous aurez besoin de support. Trouvez une personne ou un groupe avec qui vous pouvez partager vos progrès. Cette personne (ou ces personnes) doivent être des gens qui croient en vous et vous encourageront lorsque vous ferez face aux inévitables obstacles. Restez à l'écart des gens qui vivent pour critiquer et dénigrer les autres.

 

Célébrez. L'objectif final ne doit pas être la seule chose qui vous stimule. Il devrait y avoir des étapes différentes à célébrer. Les célébrations rendent le processus plus agréable et augmentent les chances de succès. Si vous vous tapez sur la tête, cela n'aura pas du tout le même effet. Célébrez, ayez du plaisir et profitez de l'expérience.

 

En mai dernier, j'ai décidé de participer au National Novel Writing Month. Le défi consiste à remplir un roman de 50 000 mots en un mois. C'est une moyenne de près de 1700 mots par jour. Pour le mettre en perspective, si vous tapez 30 mots par minute, ce qui n'est pas très rapide, vous devez taper sans interruption pendant une heure chaque jour pendant tout le mois. Ma moyenne, jusqu'à présent, est d'environ 500 mots par jour. Compléter le roman sera tout un défi!

 

En décembre, je vous laisserai savoir comment ça s'est passé.

2011-10-26

Les employés loyaux

Chaque jour, je reçois dans ma boîte de courriel des offres de compagnies avec lesquelles j'ai fait des affaires dans le passé. Parfois, je suis intéressé, mais la plupart du temps je ne le suis pas et je les supprime, souvent sans même les lire. Cependant, je ne me désabonne pas, car de temps en temps, j'ai besoin de leurs services et je sais que je peux obtenir des offres qui seront utiles pour moi. Cela me rend fidèle à certaines compagnies ou certaines marques.

Les entreprises sont confrontées aux mêmes défis chaque jour. Cependant, vous ne pouvez transformer les employés en partenaires loyaux simplement en leur offrant des promotions ou en leur promettant des récompenses. Éventuellement, les employés trouveront ce comportement condescendant et il peut avoir l'effet contraire à celui escompté. Toutefois, les employés fidèles, et même passionnés sont importants pour les entreprises, car ce sont eux qui font avancer les choses dans les bons moments comme dans les mauvais.

Créer des employés fidèles n'est pas difficile, mais cela nécessite du temps et de la persévérance. Cela n'arrive pas du jour au lendemain et cela ne se produit pas simplement parce que les dirigeants le veulent : cela arrive parce que les employés le souhaitent. Sinon, ils vont simplement vaquer à leurs occupations, en attendant une meilleure offre.

Comment créez-vous des employés fidèles?

  • en leur donnant du travail significatif;
  • en leur donnant des ressources adéquates pour remplir efficacement leur travail;
  • en leur donnant la latitude de faire des choix dans le travail qu'ils accomplissent;
  • en prenant le temps d'expliquer comment leur travail s'intègre et contribue à la vision globale;
  • en prenant le temps de les remercier et de reconnaître leur contribution

Ce sont des mesures simples, mais de nombreuses entreprises ne parviennent pas à les appliquer toutes. Les employés le savent, alors quand ils trouvent un employeur où tous ces éléments sont présents dans leur vie quotidienne, ils ont tendance à vouloir y rester. Non seulement ils deviendront des employés loyaux, mais au bout du compte, ils peuvent même devenir des fans et d'ardents défenseurs de la compagnie. Il n'y a pas de meilleure situation pour une entreprise.

2011-09-06

Payer pour les absences planifiées

Aujourd'hui on a rencontré le professeur d'une de mes filles. Elle est responsable syndicale et selon toute probabilité, elle va rater une journée de travail par semaine et parfois plus. Je me demande: dans une situation comme ça, c'est l'école qui paie son salaire ou c'est le syndicat? Le patron est-il obligé de payer pour les 20% ou plus d'absence? 

2010-10-22

Un moment magique

Il y a de ces moments imprévus dans une vie qui sont particulièrement marquants et j'en ai vécu un hier.

 

Jeudi soir, j'ai assisté à une rencontre avec Bruno Pelletier. Je connais un peu son travail d'artiste, j'ai entendu quelques-unes de ses chansons à la radio et j'ai beaucoup aimé Notre-Dame-de-Paris. Mais je ne peux pas dire que je suis un fan, ni que je le connais bien. Normalement, je ne serais pas allé, mais l'invitation que j'ai reçue était doublement alléchante : c'était un atelier sur le chant et c'était gratuit.

 

Je m'y suis présenté avec ma femme, curieux de savoir ce que « la voix du Québec » allait nous enseigner, que je pourrais appliquer avec l'ensemble vocal dont je fais partie. Et aussi, pour que ce soit plus plaisant que les gens m'écoutent autour d'un feu de camp...

 

Finalement, ce n'est pas exactement ça qui s'est passé. Bruno a commencé en chantant quelques-unes de ses chansons, puis il s'est assis et il s'est mis à discuter avec nous. Il y avait un animateur avec lui sur scène qui posait des questions et il acceptait les questions du public également.

 

Je me suis assis aussi confortablement que j'ai pu et j'écoutais. Les questions tournaient beaucoup autour de sa vie de chanteur, comment il avait vécu les hauts et les bas, son impression du métier de chanteur, un peu sur le processus créatif, etc. Finalement, c'était une conversation avec le chanteur plutôt qu'un atelier de travail.

 

Ce n'était pas ce à quoi je m'attendais, mais le bonhomme était fort intéressant et nous a captivés pendant près de trois heures.

 

À un moment, je me suis levé pour lui poser une question, contenant un ou deux sous-points. Puis, j'avais une seconde question. J'ai posé la première et sans que je le relance, il a répondu aux deux sous-questions et a partiellement répondu à la seconde. Il m'a tout de même laissé poser ma seconde question (ouf!) et après avoir (très bien) répondu, il m'a posé une question à laquelle je ne m'attendais pas du tout : « Veux-tu venir chanter avec moi? »

 

Voyons le contexte dans son ensemble. Avant d'arriver à la salle de spectacle, je m'étais promis que s'il demandait un volontaire pour démontrer un exercice, que je serais le premier à lever la main. Alors, sans avoir réfléchi à ce que je faisais j'ai dit « OK! »

 

Et je me suis retrouvé sur scène avec lui. Ça s'est passé tellement vite que je n'ai pas eu le temps d'être nerveux avant qu'il ne pose la deuxième question : « Qu'est-ce qu'on chante? » Et là, c'est le blanc complet. Je n'ai absolument aucune idée quoi chanter. Je fouille dans ma mémoire et la seule chanson qui me vient en tête c'est « The Lion Sleeps. » Non, pas fort, pas fort.

 

Heureusement, il est venu à ma rescousse : « Connais-tu mon répertoire un peu? » Parlez-moi d'une bouée de plomb! C'est rare que je sois embarrassé, mais là... J'ai au moins eu la présence d'esprit de mentionner Notre-Dame-de-Paris et il m'a proposé « Le Temps des Cathédrales. »

 

Il est baryton, je suis basse. Il peut chanter comme un ténor. Je chante presque comme une basse. Alors j'ai dit « OK! » Il a entamé le chant et j'ai suivi, tant bien que mal, quand je connaissais les paroles. Je crois qu'un moment donné il m'a laissé chanter seul.

 

Ce n'était vraiment pas du grand chant, loin de là, mais c'était toute une expérience.

 

Ce que je retiens de ma rencontre avec Bruno Pelletier :

  • Il est d'une très grande générosité d'avoir partagé la scène comme il l'a fait, sans savoir si j'allais tout bousiller ou non.
  • C'est un homme sincère. On n'avait pas l'impression de voir un chanteur avec une carrière internationale, mais plutôt le chum, le père de famille, le mari.
  • Il a du talent à en revendre. Il joue de la guitare sans regarder ce que font ses mains (ce qui n'est pas aussi simple que ça en a l'air), il chante merveilleusement et il adore ce qu'il fait.

Au début de la soirée, à la blague, l'animateur a lancé « Messieurs, préparez-vous à le détester. » Au cours de la période de questions, un des membres du public a dit : « On ne te déteste pas, on est jaloux. » Vers la fin, Bruno nous a confié que ce qui lui faisait particulièrement plaisir c'était les hommes qui venaient le voir et lui confiaient : « Je n'avais pas envie de venir, mais finalement j'ai bien aimé ça. »

 

Bruno, j'avais envie de venir et j'ai beaucoup aimé!

2010-10-20

Les « petits » mots

Écoutez assez de conférenciers professionnels et éventuellement on vous fera part de cette réalité incontournable : 55% de notre message passe par notre langage corporel, 38% par notre ton de vois et seulement 7% provient des mots que nous utilisons.

Je me demande si Pauline Marois serait d'accord. Au cours de la session parlementaire du 18 octobre, elle a parlé d'un « petit peuple » en parlant des Québécois. Paroles étonnantes provenant d'un parti qui prône l'indépendance du Québec par rapport au Canada. D'aucuns diront même que c'est méprisant de sa part. Les humoristes et les caricaturistes vont s'en donner à coeur joie sur cette bourde.

 

Bien sûr, Mme Marois ne voulait pas dire petite en envergure, mais bien petit en taille. À 33 millions de Canadiens et près de 300 millions d'Américains, sans compter une centaine de millions de Mexicains, plus les pays des Antilles, les 8 millions de Québécois ne pèsent pas lourd dans la balance.

 

Il est vrai qu'une grande partie de ce que l'on communique à autrui passe par notre corps et notre ton de voix. Par contre, cela ne donne pas la permission (comme on le laisse sous-entendre) de dire n'importe quoi. Oui, j'ai souvent entendu le conseil suivant : « Ce que tu dis n'est pas important, c'est la façon dont tu le dis qui importe. » J'y ai cru et pendant un bout de temps, je ne faisais pas trop attention à ce que je disais, mais je m'efforçais de faire attention à la manière de le dire. J'ai appris.

 

Quand on y pense, les bons avocats sont passés maîtres dans cet art. Sachant qu'il y a une version écrite du déroulement des procédures, et sachant que cette version ne comprend que des mots et enlève tout langage corporel ou ton de voix, ils peuvent dire une chose avec leur bouche, mais jouent sur leur posture ou leur ton de voix pour donner une connotation autre à leurs propos. Sauf que lorsque l'on relit ce qui a été dit, seuls les mots demeurent. Cela peut s'avérer damnant pour celui qui répond aux questions.

 

Les mots sont importants. Quelques mots bien placés peuvent faire la différence dans la vie de quelqu'un qui fait face à l'abîme. Quelques mots mal choisis peuvent anéantir une carrière ou un espoir.

 

Quelques « petits » mots peuvent longuement hanter une vie.

2010-10-04

Le problème du courriel

Voici un exemple réaliste d'une discussion par courriel. Pourquoi je dis que c'est réaliste? Parce que ça m'est arrivé aujourd'hui.

De: Adresse Commune
A: Moi
Cc
: André, Bernard
Sujet:  Tout est prêt

Salut Laurent,

Tout est prêt, tu peux tester ça devrait marcher.

Charles

 

De: Moi
A: Adresse Commune
Cc: André,  Bernard
Sujet:  Re: Tout est prêt

Salut Charles,

J'ai testé et ça plante avec le message "Erreur 102." Qu'est-ce qui cause le problème?

De: André
A: Daniel
Cc:  Bernard, Moi
Sujet: Re: Tout est prêt

???????

 

De: Moi
A: André
Cc: Bernard, Vraie adresse de Charles (après avoir fouillé dans mes anciens courriels)
Sujet: Re: Tout est prêt

Euh... Désolé, je croyais que le message se rendrait à Charles.

 

De: Daniel
A: Moi
Cc: André, Bernard, Charles
Sujet: Re: Tout est prêt

Vous en faites pas, c'est comme ça qu'André me demande quel est le problème. Je regarde ça et je vous reviens.

Daniel

 

Ce court échange, qui a duré moins de 15 minutes, illustre plusieurs problèmes du courriel:

1. Quand on utilise une adresse commune pour faire des échanges de courriels, on ne sait jamais si le message se rend à la personne voulue ou non. Les adresses communes c'est bon pour les échanges en groupe mais pour joindre une personne spécifique, on repasse...

2. Il manque beaucoup d'information dans un message courriel: le ton de voix et la gestuelle. Si en plus, on élimine les mots pour les remplacer par des abbréviations, des acronymes et des symboles...

3. Vérifiez que vous devriez vraiment répondre à votre message. Dans ce cas, il n'est rien arrivé mais si j'avais été copié de manière anonyme (Bcc) probablement que les personnes à l'autre bout n'auraient pas apprécié.

4. Lorsque vous répondez, assurez-vous que les personnes qui reçoivent le messages sont des récipiendaires pertinents. Le message qui disait "?????" n'avait rien à voir avec moi et je n'aurais pas dû le recevoir. Je ne sais pas non plus ce que Bernard faisait dans la liste de récipiendaires.

5. "Répondre à tous" comporte parfois son lot de surprises...

Conclusion: le courriel est rapide et efficace mais si vous devez avoir une discussion importante ou une discussion nuancée, c'est un des pires véhicules à utiliser.

2010-08-30

Nouveau-Brunswick VI


Lundi 2010-08-23

Finalement, après une mauvaise nuit pour bibi et des enfants acariâtres, nous avons décidé de laisser tomber le tourisme ce matin. Nous avons fait les bagages et sommes partis. Tant pis pour les poissons et les maisons non visitées.

De Caraquet, nous avons pris la route de Cambellton, à la frontière du Québec et du Nouveau-Brunswick. Pas de visite, juste le temps pour tout le monde de s'empiffrer de frites et dans mon cas, d'une guédille au homard, soit du homard haché mélangé à de la mayonnaise et quelques petits légumes, puis servi sur un pain à hot dog. Pas pire.

Ensuite, c'est la traversée de la vallée de la Matapédia où les policiers de la SQ sont en feu. Alors que durant une semaine au Nouveau-Brunswick je n'ai aperçu qu'un seul patrouilleur de la GRC, ce n'était pas du tout la même chose au Québec. En traversant la frontière québécoise à Pointe-à-la-Croix, tout de suite après l'accueil de la SAQ, nous avons vu deux autos arrêtées sur le côté en attente de recevoir leur contravention. Et ce, sur une distance de moins de 500 mètres.

Nous avions trouvé qu'il y avait beaucoup de construction sur le réseau routier néo-brunswickois, mais ça circulait relativement bien. Mais sur la 132, ouf! On arrête à tout bout de champ, parfois complètement. Peu de temps après Pointe-à-la-Croix, j'ai compris une partie des ralentissements et, surtout, le zèle de la SQ : on y bâtit un nouveau quartier général. Je suppose qu'il faut financer tout ça!

Lors de notre arrêt de restauration, j'ai été frappé par l'approche au service de la province dans les casse-croûte. On prend votre commande, on vous demande de vous asseoir ou d'attendre puis on appelle votre numéro lorsque c'est prêt. J'avais déjà vu ça dans un des gags de la bande dessinée « For Better or For Worse » de Lynn Johnston, mais je n'avais pas réalisé que c'était si commun comme approche.

Les gens sont très gentils, ici. Lorsque nous sommes arrivés au casse-croûte, nous voulions une table pour cinq, mais elles étaient toutes prises. Devant notre air perplexe, deux familles se sont levées et déplacées (dont une famille de quatre personnes) pour nous permettre de manger ensemble.

Je crois que le pronom « vous » n'existe pas lorsque les gens parlent à une seule personne. C'est toujours « tu ».

Finalement, une autre note sur la politesse des gens du Nouveau-Brunswick et l'effet stressant que cela a sur un conducteur montréalais. Je voulais déposer des cartes postales au bureau de poste qui était situé de l'autre côté d'une rue très passante. Alors, je me suis installé sur le trottoir, entre deux intersections (vu qu'à Montréal on ne connaît pas ça les traversées aux intersections) et j'attendais. Moins de cinq secondes plus tard, une auto s'est arrêtée pour me laisser passer. En bon français, j'étais flabbergasté. Par la suite, j'étais constamment stressé derrière le volant, car je devais m'assurer de faire de même si l'occasion se présentait. Ça stresse, d'être poli!

Durant ce voyage, nous avons réalisé que nos enfants en savaient bien peu sur la géographie du Canada. On leur a demandé de nous nommer les provinces canadiennes et ils en connaissaient à peine trois. Ils nous ont dit qu'à leur école on ne le leur avait jamais enseigné cette matière. Triste état de notre système éducatif.

Nous avons dormi à St-Jean-Port-Joli, puis nous avons fait un arrêt à Québec avant le retour au bercail. Les enfants ont beaucoup aimé les spectacles de rue et la traversée du fleuve en traversier. Somme toute, d'excellentes vacances. 

L'an prochain, peut-être le Charlevoix, la Côte-Nord ou la Gaspésie. Ou peut-être même le Lac St-Jean. Ou Calgary. 

On verra.











2010-08-29

Nouveau-Brunswick V



Dimanche 2010-08-22

Nous avons quitté Bouctouche aujourd'hui. Si jamais vous comptez séjourner dans la maison, contactez M. et Mme Bernard des chalets Vivelo. Vous serez très bien reçus.

Après un voyage de quelques heures, nous nous sommes rendus à Caraquet, la capitale culturelle de l'Acadie en 2009. Je croyais qu'il y avait beaucoup de drapeaux à Bouctouche, mais je n'avais rien vu! Ici on ne voit que ça. Sous toutes formes : drapeaux, fanions, cerfs-volants, peintures; j'ai même vu une jeune fille qui avait fait peinturer le drapeau sur ses ongles. C'est ce qu'on appelle être Acadien jusqu'au bout des doigts!

À notre arrivée, nous nous sommes rendus au Village historique acadien. Notre première tâche fut de trouver à manger, ce que nous avons fait au restaurant des Ancêtres sur le site. Une bonne soupe bien consistante et un rôti de boeuf bien mijoté ont retapé toute la famille.

Une serveuse a demandé à un couple arrivé un peu après nous s'il voulait de la bière. Le mari voulait bien, mais n'a pu avoir de produit Molson ou Labatt, car seuls les produits Moose Head existaient à l'époque. Alors le mari s'est ravisé et a commandé... un Pepsi! Non, a dit la serveuse, ça n'existait pas dans le temps alors on n'en a pas. Il a demandé une autre sorte de boisson gazeuse, mais elle n'existait pas non plus. Il s'est contenté d'une Moose Head blonde, je crois.

Curieusement, on a servi du café à la fin du repas. Je pensais que c'était un produit rare à l'époque, mais bon, qu'est-ce que j'en sais vraiment?

C'était la journée des métiers et nous en avons appris sur plusieurs métiers d'antan : le cordonnier, le ferronnier, le forgeron, la maîtresse d'école, le typographe, le garagiste. Malheureusement, nous n'avons pas pu tout visiter, car nous sommes arrivés un peu tard. Comme nous avons le droit de visiter une seconde fois, peut-être que nous irons faire un tour avant de quitter pour le Québec. On verra.

Les animations étaient intéressantes, mais inégales. Certains animateurs s'en tenaient au minimum alors que d'autres en rajoutaient, répondaient et invitaient les questions. J'ai particulièrement aimé le typographe (16 heures pour faire la préparation d'une page, trois cents exemplaires imprimés par heure, une édition par semaine, celle du vendredi), la maîtresse d'école (on sépare les filles d'un côté et les garçons de l'autre, même sur la cour d'école; sur 25 à 30 élèves, une seule passait la huitième année, en général une fille; les Anglais ont tout fait pour tenter d'abolir la religion et le français dans les écoles du Nouveau-Brunswick, ce qui a mené à des révoltes à Caraquet vers la fin du 19e siècle) et le ferronnier qui nous a montré comment il fabriquait certains produits comme des passoires, des casseroles, des tasses et des sifflets.

D'ailleurs, c'est dans la maison du ferronnier que nous avons assisté à une petite controverse. Un des visiteurs, qui travaillait anciennement au Village d'après ce que j'ai compris, demandait s'il pouvait acheter les produits du ferronnier dans la boutique. Ce dernier a répondu que non, on vendait plutôt des répliques fabriquées... aux États-Unis. Il a rajouté que moins de 10% des produits vendus dans la boutique provenait du travail des artisans du site.

J'ai écouté sans m'en mêler, mais j'avoue que c'est un peu triste. Certains de ces artisans font vraiment du beau travail et ce serait bien qu'il soit revendu aux touristes, quitte à faire une section « imitation » et une section « authentique » à prix plus élevé s'il le faut. Je suis sûr que les produits trouveraient preneur. Il n'y en a pas assez pour tout le monde? Tant pis. À l'époque ce n'était pas de la fabrication de masse dont il s'agissait. Ça devrait être pareil sur le site.

Il y a trois magasins, en fait : la boutique de touriste (qui, d'ailleurs, est un coup de génie du marketing : pour entre sur le site il faut traverser la boutique et pour sortir du site il faut la traverser en sens inverse. Brillant!), le magasin général pré-20e siècle et le magasin général post-20e siècle. Dans ces deux derniers, on ne pourrait fournir que de la marchandise authentique (dans le premier surtout, que nous n'avons pas réussi à visiter) alors que la boutique pourrait contenir les produits de masse.

Après notre visite, nous voulions faire un petit tour sur le bord de la mer, mais il ventait et on avait trop froid. On s'est contenté de la piscine et de la glissoire de l'hôtel. Demain on va voir si on peut assister à un arrivage de poisson.

Un rare puits intérieur, dans la maison d'un juge




Nouveau-Brunswick IV


Vendredi 2010-08-20

Nous avons passé une superbe semaine avec du soleil à profusion. La seule journée où c'était nuageux et froid était aujourd'hui... alors que nous avions choisi de nous rendre à Magic Mountain, dans les glissades d'eau. Il a plu un peu, il faisait frisquet. Une chance qu'il y avait un bain-tourbillon avec de l'eau chauffée. Chaque fois que j'entrais là-dedans, toute ma peau piquait tellement la différence de température était grande. N'empêche qu'on a eu bien du plaisir et personne n'a été malade. C'est pas mal intéressant de dévaler une pente à 60 km/h en costume de bain. Après, bien sûr, il faut tout de même l'extirper de nos crevasses les plus intimes...

Finalement, malgré les marques de vieillesse qui s'accumulent d'année en année, j'ai encore gardé un peu de mon coeur d'enfant. Les glissades que j'ai trouvées les plus intéressantes étaient celles qui allaient le plus vite et qui tournaient le plus. Dans le noir, c'est encore plus trippant! Maintenant, si on pouvait enlever les limites (maximales) de poids peut-être que je pourrais les essayer toutes!

Après les glissades d'eau, nous avons testé la montagne magnétique. Comment ça marche? Tu descends une colline avec ton auto. Une fois arrivé au bas de la colline, tu la mets sur la position neutre et... elle remonte la colline toute seule! Comme ça! C'est assez comique comme effet. Les enfants en sautaient de joie. Un type à côté de nous n'y croyait pas. Il a placé son auto en haut de la colline, sur neutre et a tenté sans succès de la pousser vers le bas. J'ai fait un autre test : j'ai mis l'embrayage sur « D » pour voir si l'auto avancerait lors de la descente de la colline. Oui, mais très lentement et elle s'est arrêtée au milieu et ne voulait plus avancer. Très bizarre comme phénomène.

Samedi 2010-08-20

Quelques autres observations sur le Nouveau-Brunswick :
  • La vitesse maximale permise sur l'autoroute est 110 km/h. Sur les routes primaires (comme la route 117, ou 132 au Québec), c'est 100 km/h. C'est peut-être pour ça qu'il y a moins d'excès de vitesse sur les routes.
  • Des rails de train fonctionnels qui traversent l'autoroute principale (la 2) près de Moncton.
  • Les serveurs dans les restaurants n'ont jamais l'air pressé ou stressé comme à Montréal.
  • Un restaurant qui n'accepte que de l'argent comptant ou des chèques personnels... et qui me laisse quitter les lieux sans payer, afin d'aller chercher l'un ou l'autre.