2009-08-13

La loyauté au travail

Une récent sondage montre qu'il y une moins grande loyauté des employés envers leur employeur. Je ne suis pas surpris par ces résultats. En fait, je suis surpris que le taux de loyauté soit si élevé!

Une des erreurs stratégiques que beaucoup d'employeurs ont commise a été de sabrer dans les dépenses qui touchent l'amélioration de la main-d'oeuvre. Beaucoup de compagnies de formation ainsi que des formateurs indépendants, m'ont signalé une diminution dans leur chiffre d'affaires. Il y a  deux raisons principales: les compagnies attendent la reprise avant d'investir ou encore, elles considèrent que les dépenses de formation (ou coaching, ou conférences, ou...) ne sont pas essentielles et on élimine le budget alloué.

Dans un récent sondage dont les résultats ont été publiés dans le Globe and Mail, on a réalisé qu'une des cinq raisons pour lesquelles les employés quittaient était le manque de formation.

Au lieu de couper complètement dans les dépenses, les compagnies devraient chercher d'autres moyens de développer leur personnel. Certaines méthodes possibles:
  • Former des formateurs, ainsi la compagnie ne sera pas obligée d'aller à l'extérieur pour acheter une formation
  • Formation à distance: pour une compagnie qui ne peut se permettre d'envoyer ses employés en voyage pour suivre une formation, cela peut être un bon compromis.
  • À la Google: allouez une période fixe, chaque semaine, où les employés peuvent investir leur temps sur un projet qui leur tient à coeur. Dans bien des cas, les bénéfices de ces temps de recherche peuvent aider la compagnie, en plus de créer une plus grande loyauté de la part des employés.


2009-08-08

La valeur de l'expérience

Mon beau-père vient de me sauver plusieurs centaines de dollars. Hier, pour célébrer le retour de vacances de ma femme, j'ai tenté de lui faire un repas semi-gastronomique. C'est-à-dire que vous ne trouverez pas le plat sur le menu d'un restaurant cinq étoiles, mais personne ne mourra après l'avoir consommé non plus. Ou du moins, c'est ce que j'espérais.

J'ai donc mis l'eau à bouillir et j'y ai ajouté les ingrédients nécessaires à ma recette. Mais à un certain moment, j'ai réalisé que mon eau avait cessé de bouillir. Je croyais avoir éteint le réchaud par mégarde, mais en fait, non. Curieusement, j'ai remarqué que tous les témoins étaient éteints. Première impression? Un fusible a sauté. Mais après vérification, il s'avère que non. Donc je me suis dit que c'était peut-être les fusibles du four et non les fusibles de la maison. Je les ai tous vérifiés et j'en suis sorti bredouille. J'ai essayé quelques affaires encore, j'ai démonté l'arrière du four pour vérifier si les fils avaient brûlé. Rien, zilch, nada!

Mes connaissances en électricité ayant été épuisées, je me suis rendu à l'évidence: le four est mort, il faut en acheter un autre. Zut alors! Le lendemain, ma femme et moi nous sommes levés tôt (6h, chose que je ne fais que si j'ai à travailler) pour commencer à chercher des fours sur Internet. Comme nous attendons de la visite, il est essentiel de le remplacer au plus vite. Mais, avant de me rendre au magasin, je décide d'appeler mon beau-père, qui s'y connait en électricité. Après avoir discuté avec moi quelques minutes, il a bien réalisé que je tâtonnais comme un homme dans  une pièce de vaisselle de porcelaine: si je fais un faux mouvement ce sera la catastrophe.

Finalement, mon beau-père a décidé de se déplacer pour voir par lui-même ce qui se passait. Après un peu de recherches et des déductions astucieuses, il a trouvé une boîte de fusibles dont je ne soupçonnais pas l'existence: l'un d'entre eux avait sauté. Il a donc suffi de remplacer le fusible par un autre et magie: problème réglé! Dire que je m'apprêtais à dépenser $1000 pour régler un problème de $2...

De là la valeur de l'expérience. Comment l'expérience est-elle valorisée là où vous travaillez? Est-ce considéré comme un atout ou comme une dépense? Parfois, j'ai l'impression que beaucoup de compagnies coupent dans leur personnel car elles ont une vision à trop court terme. On regarde les chiffres et pour réduire les dépenses rapidement, on élimine des postes, de préférence les postes qui coûtent plus cher et qui sont souvent des postes occupés par des gens d'expérience ou des gens particulièrement performants.

Ce qu'on oublie dans ce genre d'exercice, c'est de s'assurer que l'on ne coupe pas trop profondément là ou cela fera mal à long terme, soit les personnes avec le plus de connaissances. On crée alors ce qu'on appel un brain drain (exode  de la connaissance) qui peut être très long et très difficile à remplacer. Pour éviter une telle situation, il faut prévoir le coup longtemps à l'avance. Voici quelque possibilités:
  • Assignez un mentor aux nouveaux ou aux gens qui commencent un nouveau poste afin qu'ils puissent se faire talonner et qu'ils puissent se faire enseigner les rouages du métier plus rapidement. C'est utile pour la nouvelle recrue et c'est valorisant pour la personne qui enseigne.
  • Gardez les personnes d'expérience à l'emploi de la compagnie pendant une période déterminée, afin d'effectuer un transfert de compétences aux nouveaux. Pendant cette période, la personne qui quitte n'est pas obligée de travailler à temps plein mais peut donner de son temps quelques heures par semaine, pour répondre aux questions et fournir de l'aide à ceux et celles qui en ont besoin.
  • Documentez le plus de choses possibles, surtout les cas d'exception. La documentation c'est long, c'est moche et c'est ardu. Personne n'aime en faire mais c'est essentiel pour assurer une survie et une longévité aux informations, surtout celles qui sont hors de la normale. Il faut voir la documentation comme une mesure préventive: si on ne la fait pas, ce n'est pas grave... tant qu'il n'y a pas de problèmes.


2009-07-23

Bêtes noires du français

Il y a certaines tournures de phrases qui me hérissent le poil lorsque je les entends. Ce sont des erreurs assez fréquentes ici, au Québec. Je ne me considère pas comme un expert de la langue française, mais j'ai de la difficulté à les accepter de la part des adultes. Chez un enfant, cela passe encore, mais lorsqu'on commet ces fautes encore à l'âge adulte, cela devient quasi-impardonnable. Voici celles que je trouve les plus embêtantes :

  • À cause de vs. grâce à : « J'ai eu la promotion à cause de mon meilleur ami. » Cette tournure de phrase n'est correcte que si vous en voulez à votre meilleur ami. En effet, « à cause de » est utilisé pour imputer une faute ou pour blâmer. Lorsque le résultat d'une action est positif, il faut plutôt utiliser « J'ai eu la promotion grâce à mon meilleur ami. »
  • Allumer vs. ouvrir : Dire « Ouvre la lumière » ou « Ouvre la télévision » est aussi ridicule que de dire « Ouvre la chandelle. » Pourtant, j'entends cette expression sans arrêt. On ouvre ou l'on ferme une porte, un tiroir ou une fenêtre. Par contre, on allume une lumière, une radio ou une télévision.
  • Réponse à une question négative : Celle-ci est plus embêtante, même pour moi. Imaginez la situation suivante : vous avez déménagé, mais vous n'avez pas changé de ville. Quelqu'un vous demande : «­­­­ Tu n'habites plus à Montréal ? » Que faut-il répondre ? Oui ? Non ? Les réponses que j'entends souvent sont : « Oui, oui. » ou encore « Ben oui. » En fait, la réponse correcte est « Si. » Les deux autres portent à confusion.

Cette semaine, j'ai rencontré un homme charmant et intéressant, avec qui j'ai discuté pendant près de deux heures. Vers la fin de l'entretien, il m'a demandé si ma façon de parler me causait des problèmes. Il trouvait mon français très correct et il m'expliquait qu'auparavant, lorsqu'un personne parlait un français correct, on la regardait avec suspicion. Selon lui, c'est moins pire maintenant, mais il dit qu'il y a encore des endroits au Québec où l'on se méfie de ceux qui ne parlent pas «&bnsp;québécois.&bnsp;»

Bah&bnsp;! Je préfère que l'on se méfie de moi, car je ne ferai pas exprès de parler mal.

Si vous avez des tournures de phrases que vous détestez, ajoutez-les dans les commentaires.



2009-05-02

La vigne de la rancune

Le jour de ma fête, au lieu de relaxer avec un bon verre, j'ai passé mon après-midi à déraciner des vignes qui tuaient mes arbres. Ce sont des vignes qui ne semblent pas produire grand fleurs ou fruits, mais qui s'enlacent autour des troncs d'arbres, allant jusqu'à les tuer en les étouffant.

Pour m'en débarrasser, j'ai dû faire appel à mon voisin qui, à l'aide d'un sécateur, m'a aider à les couper ;a la racine et à tirer sur les plants pour les décrocher des arbres. C'était ardu comme travail mais maintenant, j'ai l'impression que mes arbres pourront respirer, et vivre plus longtemps.

En faisant ce travail, j'ai réalisé que dans nos vies, c'est très similaire. Nous sommes parfois comme ces vignes qui s'accrochent petit à petit aux arbres sains qui les entourent et en extirpent la vie un jour à la fois.

De quoi je parle? De la rancune, bien sûr, comme le dit le titre!

La rancune et la colère envers autrui ou envers soi-même est un poison qui tue sans que l'on s'en rende compte. Mais contrairement à la vigne qui tue ce qui l'entoure, la rancune tue la personne qui en souffre.

En effet, lorsque nous avons de la colère contre quelqu'un, nous avons tendance à tenter d'éviter toute situation sociale où il y a un risque que nous croisions cette personne. Si, par mégarde, nous voyons cette personne, notre sang ne fait qu'un tour et nous nous mettons à maugréer et pester contre cette personne. Dès qu'elle s'approche de nous, nous lui tournons le dos et nous éloignons, laissant la dite personne dans l'incompréhension et la confusion la plus totale, la plupart du temps.

Malheureusement, bien souvent, l'autre personne ne réalise même pas que nous lui en voulons. Nous avons l'impression de la punir alors qu'en faite, la personne qui en souffre le plus, c'est nous. À la longue, cette attitude nous rend désagréable, même aux yeux de ceux et celles qui sont "de notre côté."  De plus, elle ruine notre santé et notre vie.

Comment se départir de ce bagage malsain?
  • Dire tout de suite ce qui ne va pas. Je suis marié depuis 13 ans et les seules fois où ma femme et moi avons eu de sérieuses discussion où le ton a monté ont été les fois où nous avons passé certaines frustrations sous silence. Pour une raison ou une autre, nous n'avons pas abordé le sujet au moment où il faisait son apparition et lorsqu'on l'abordait, il avait déjà eu le temps de s'aggraver. Plus un sujet est abordé tôt, mieux c'est.
  • S'excuser. Si nous sommes en tort, il faut présenter des excuses. Peu importe ce que l'on a fait comme bêtise ou comme erreur, le premier pas est de présenter ses excuses à la personne que l'on a blessée. On a souvent l'impression que le fait de s'excuser est une preuve de faiblesse. Au contraire. Seule les personnes qui ont peu d'estime de soi ou qui n'ont pas d'échine sont incapable de s'excuser. Il faut beaucoup de courage pour admettre ses torts.
  • Pardonner. Pardonner aux autres et surtout, pardonner à soi.  Si nous avons l'impression que c'est l'autre qui nous a blessé, il faut alors la pardonner. Parfois, il faut même le faire sans que l'autre n'ait présenté ses excuses. Mais si nous avons commis la faute, une fois les excuses présentées, il faut se pardonner à soi et cesser de se culpabiliser. Ça n'atténue pas la faute et surtout, ça ne nous aide pas à nous en sortir.
La rancune et la culpabilité, sans que l'on s'en rende comptes, sont comme ces vignes destrutrices qui étouffent tout ce qui les entoure. Ne les laissez pas prendre emprise sur vous.


2009-04-21

Le facteur CH au travail

Hier soir les Canadiens se sont encore faits malmener par les Bruins de Boston. Au début de la partie, les partisans étaient bruyants et nombreux à encourager les joueurs. Vers la fin de la partie, l'ambiance était beaucoup moins festive et il y a même eu des huées.

Les chances des Canadiens sont minces: les Bruins sont trop gros, trop forts et trop disciplinés. Je me demande même s'il y aura un autre match à Boston dans cette série.

Malgré tout, les partisans seront encore nombreux et bruyants mercredi soir, alors que les Canadiens feront face à l'élimination au Centre Bell. Ils crieront et chahuteront tout au long du match, à moins que ce ne soit 4-0 pour les Bruins à la fin de la deuxième période.

C'était la fête du centenaire des Canadiens cette année, mais c'est vraiment une saison à oublier. Et en septembre, pour beaucoup de partisans, ce sera oublié. L'espoir, la joie et les encouragements seront de retour de plus belle. C'est ce qu'on appelle avoir le CH tatoué sur le coeur.

Je ne me considère pas comme un partisan inconditionnel des Canadiens, cependant, je ne me vois pas encourager une autre équipe de hockey. Ce sont les Canadiens ou rien. Ces dernières années, c'est rien!

Comment serait le monde du travail si les employés avaient la même attitude: c'est ma compagnie ou c'est rien. Est-ce que c'est possible? Je crois que oui, mais ça demande du travail tant de la part des employés que des employeurs.

La clé c'est l'attachement émotif.

Un attachement émotif à son employeur est le meilleur moyen "d'acheter" les efforts et le support inconditionnel des employés. Ces jours-ce, cet attachement émotif est beaucoup plus difficile à avoir. C'est en grande partie dû au cynisme qui s'est installé au cours des années '90, lorsque la vague des grandes mises à pied a débuté. Des employés ayant donné 25, 30, 40 ans de loyaux services ont été limogés du jour au lendemain. Depuis, la loyauté et l'attachement émotif envers l'employeur ont été considérablement ébranlés.

Il est devenu beaucoup plus difficile de créer l'engagement des employés. Cela se voit avec la nouvelle génération de travailleurs. Ces jeunes sont bien plus enclins à changer d'employeur. Ils demeureront avec une compagnie tant que "ça fait leur affaire" mais dès qu'il y a de l'insatisfaction, ils chercheront ailleurs plutôt que de tenter de changer ou d'influencer la culture interne? Pourquoi?

Parce qu'ils ont vu les générations précédentes se donner corps et âme, faire du temps supplémentaire souvent non-payé et se retrouver avec rien. En fait, ils ont l'impression que la compagnie a trahi cette confiance aveugle de leurs employés. Est-ce le cas? Peut-être, peut-être pas. Je ne tiens pas à faire le procès des mises à pied ici. Par contre, l'effet néfaste à long terme est indéniable.

Comment peut-on rebâtir cet engagement? En repartant de zéro. Ou presque. La haute direction doit revoir ses objectifs, non au point de vue financier, mais au point de vue culturel. Quel genre d'organisation veut-on? Mettez de côté les principes: nous voulons être les meilleurs fournisseurs de service de notre secteur et nous voulons avoir les meilleurs employés, payés selon les normes les plus favorables de l'industrie. Beuh! C'est moche!

Qu'est-ce que ça veut dire, dans la réalité? Comment cela se traduit-il au jour le jour? Qu'est-ce qui va changer dans la compagnie? Quels gestes seront différents? Quelles attitudes seront différentes? Si vous aviez à visualiser la compagnie et les gens qui y travaillent dans cinq ans, de quoi cela aurait-il l'air?

Un tel exercice ne peut pas se réaliser seulement dans la salle du conseil, pour ensuite être imposé aux employés. C'est un travail conjoint. Donc, cela implique un changement au niveau des employés également.

En particulier, pour permettre un discours neuf qui permette un changement de culture, il faut pouvoir pardonner les affronts passés, qu'ils soient réels ou imaginaires. Si toute tentative d'ouverture ou de changement amenée par la haute direction est accueillie par une attitude de désintérêt ou de cynisme, rien ne pourra changer. Le dialogue réelle demande une ouverture de part et d'autre de la table. Le partenariat exige le retrait de la table au complet.

Un tel changement de culture n'arrivera pas du jour au lendemain; il faudra y travailler; il y aura des erreurs et des faux pas, mais ce n'est pas une raison pour y renoncer. Par moment, il faudra peut-être faire un pas vers l'arrière afin de rajuster le tir et foncer à nouveau.

C'est ce qui se passera avec les Canadiens cette année.  George Gillett a mis le club en vente. Avant la fin de l'été, il y aura un nouveau propriétaire et probablement un changement de culture. Dans une courte entrevue à cet effet, René Angelil disait: "J'espère que les nouveaux propriétaires se rappelleront l'époque des Flying Fenchmen." J'interprète ce commentaire ainsi: ramenez plus de francophones au sein du club.

Ce matin, Réjean Tremblay notait qu'on connait peu les joueurs du Canadien, parce que depuis l'arrivée de Gainey, ils sont beaucoup moins accessibles qu'avant. Selon moi, cela a beaucoup affecté l'attachement émotif des partiisans face au Tricolore. S'il n'y avait pas 100 ans d'histoire à les supporter, je ne suis pas sûr qu'il y aurait autant d'inconditionnels du Canadien.

Cet été, un changement de garde aura lieu. Le flambeau sera passé à une nouvelle génération de propriétaires qui insuffleront une nouvelle vie dans un club qui est moribond depuis 16 ans sur la glace. Ces propriétaires entameront un nouveau dialogue avec les partisans et en septembre, nous auront tous l'espoir de ramener la coupe là où elle devrait être: à Montréal!

Go Habs Go!

2009-04-17

L'homme de Néandertal sur le marché du travail

Pendant la longue fin de semaine de Pâques, j'ai pris le temps de lire le premier tome de la série des « Enfants de la Terre » de Jean M. Auel. Pour ceux et celles qui ne l'ont pas lu, c'est une histoire qui se déroule il y a environ 25 000 ans. L'auteure imagine un monde où l'homme de Cro-Magnon fait son apparition dans un monde jusque là dominé par l'homme de Néandertal.


Le roman raconte l'histoire d'une jeune fille qui perd ses parents dans un tremblement de terre et est récupérée par un clan de Néandertaliens qui l'adopte. Le hic c'est que la jeune fille est de type Cro-Magnon, ce qui la rend bizarre et incompréhensible aux yeux de ses hôtes. De plus Ayla (la jeune fille) a des tendances rebelles et accepte difficilement la vie servile réservée aux femmes du clan.


En le lisant, cela m'a fait pensé à plusieurs situations fréquentes dans le milieu du travail: que se passe-t-il quand un élément perturbateur est inséré au sein d'une entité qui s'en serait bien passée. C'est ce que je vais explorer dans les prochains blogues.


Le roman se déroule vers la fin du règne de l'homme de Néandertal. Cet espèce s'est formée pendant des dizaines de milliers d'années et durant cette période, les mêmes gestes et actions étaient répétées de génération en génération, jusqu'à ce que cela fasse partie de leur bagage génétique. À force de répétition, les neurones permettant des apprentissages nouveaux se sont sclérosés ce qui les a empêché de changer leur façon d'être et de se comporter.


Je n'ai pu m'empêcher de penser à l'industrie américaine de l'automobile ainsi que l'industrie du journal lorsque j'ai lu ces passages dans le livre. Depuis longtemps, les signes avant-coureurs sont apparus, disant clairement que le modèle d'affaires actuel de ces deux industries n'était pas viable. Plusieurs fabricants d'automobiles se sont ajustés en faisant des modèles plus compacts et moins gourmands. Chrysler et GM ne l'ont pas fait. De plus, ces deux compagnies doivent changer leur mode de rémunération et de compensation des employés (et ex-employés) mais sont difficilement en mesure de le faire.


Le coût du papier et la diminution du lectorat ont considérablement affecté les revenus des journaux. Aujourd'hui, plusieurs d'entre eux ont dû procéder à des coupures drastiques (élimination de l'édition imprimée certains jours de semaine, diminution du nombre de pages, etc.). D'autres ont complètement éliminé la version papier. Les journaux tentent de se recycler sur le Web, mais beaucoup cannibalisent leur marché en offrant gratuitement un contenu pour lequel il faut payer si l'on veut le recevoir en format papier. Les dirigeants cherchent encore mais n'ont pas trouvé la bonne formule pour régler ce problèmes. Certains disent que c'est parce qu'ils tentent de reproduire le même mode d'affaires sur le Web, ce qui est impraticable. Il faut un modèle complètement nouveau mais pour cela, il faut se départir des apprentissages accumulés depuis des dizaines d'années.


La conjoncture économique actuelle, la présence de quatre générations sur le marché du travail, la compétition globale de plus en plus féroce forcent tous les leaders d'entreprises à penser et à réagir différemment et plus rapidement que jamais. Autrement, comme on commence déjà à le voir, ils prendront le chemin de l'homme de Néandertal.



2009-03-31

Comment éviter le vol par les employés?

Lorsqu'il y a vol par les employés dans une entreprise, il est trop tard pour réparer les dommages, tant au niveau financier qu'au niveau de l'image de l'entreprise.

Le vol par les employés est un symptôme. La plupart des employés ne se joignent pas à une entreprise dans l'espoir de devenir riche en la volant. Certaines personnes malhonnêtes le font, mais la plupart ne le font pas pour cette raison. Les employés se transforment en voleurs petit à petit: ils deviennent de plus en plus frustrés et en colère contre leur employeur ou leur superviseur et le vol est considéré comme un moyen de revanche. Il pourrait aussi être un symptôme de difficultés financières à la maison.

Beaucoup de problèmes de vol peuvent être contrôlés par l'utilisation de la technologie ou de meilleurs processus. Toutefois, il y aura beaucoup plus à gagner en travaillant sur les individus, que sur les processus:

  • Portez attention aux patterns de comportement. Ne vous contentez pas de regarder les comportements des employés seulement, mais de la compagnie dans son ensemble. Est-elle éthique dans toutes ses relations avec les clients? Est-elle intègre avec les clients et les employés? Si non, c'est une recette pour du vol dans le milieu de travail. Je me souviens d'avoir travaillé dans une compagnie où le propriétaire  achetait des cartes pour ordinateur (vidéo, réseau, etc) qui n'étaient pas neuves et les revendait à ses clients en disant qu'elles l'étaient. Lorsque je me suis plain, mon patron m'a dit: «Vends-les! Elles n'ont jamais été utilisées!" Au cours de mes 9 mois d'emploi, ils ont renvoyé au moins 3 employés pour vol. L'entreprise comptait moins de vingt employés en tout.
  • Portez un intérêt personnel envers les employés. En discutant périodiquement avec vos employés sur des questions autres que celles reliées au travail, vous bâtissez une relation. Il est beaucoup plus difficile de voler une personne qui s'intéresse à soi, que de voler dans l'anonymat. En parlant plus ouvertement et  plus souvent avec les employés, ils sont plus susceptibles de venir à vous quand ils ont un problème avant de recourir au vol. 
  • Créer une culture saine. Si la culture d'entreprise en est une basée sur l'intégrité et l'honnêteté, les personnes malhonnêtes auront de la difficulté à y vivre. Dans une telle culture, tous les employés ont les intérêts de la société à coeur, au lieu de ne penser qu'à eux-mêmes seulement. Ils n'accepteront pas que quelqu'un vole de l'entreprise. De plus, ils auront la volonté et le courage d'affronter quelqu'un qui tente de voler, parce qu'ils se sentiront appuyés s'ils vont de l'avant avec ces accusations. Toutefois, si vous avez une culture de méfiance, de suspicion ou de concurrence malsaine, les gens seront plus enclins à prétendre qu'ils n'ont rien remarqué.
Le vol est un fléau dans beaucoup d'entreprises. Comme beaucoup de maladies, pour limiter les dégâts, c'est préférable de prévenir plutôt que de guérir.