2008-08-11

Ah, la jeunesse d'aujourd'hui

Arrêtez-moi si vous avez déjà entendu ceci: ah, les jeunes d'aujourd'hui! Ils sont impolis! Ils n'ont aucun respect pour l'autorité. Dire que c'est eux qui vont diriger un jour! Comment l'humanité va-t-elle s'en sortir?

Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on entend cela. En fait, je me souviens avoir lu une citation de Jules César où il tenait des propos similaires. Moi-même je dis ça de temps en temps. Qui m'aurait cru aussi vieux jeu!

Ce soir, mes filles m'ont entrainé à un spectacle offert par les moniteurs de leur camp de jour. Le spectacle a duré environ 90 minutes et c'était une farce du début à la fin. J'avais amené un livre à lire, me disant que je n'aurais pas la patience d'écouter le spectacles sachant que j'avais plein de lecture à faire avant demain matin.

Finalement, j'ai tellement ri que j'ai oublié d'ouvrir mon livre. Il y avait environ 25 jeunes de moins de 20 ans. Ils ont monté plusieurs sketchs et quelques uns d'entre eux ont même chanté.

Ce que j'ai retenu de ces moniteurs:
  • Ils aiment rire. Tous leurs sketchs étaient drôles.
  • Ils aiment prendre des risques, parfois trop à mon goût. J'ai réagi à certaines de leurs blagues en me disant "Mais, mes filles sont trop jeunes pour entendre ça!"
  • Ils n'ont pas peur du ridicule: ils portaient toutes sortes d'accoutrements et semblaient bien à l'aise. Peu d'adultes accepteraient de le faire de si bon coeur. Nous aurions bien trop peur de paraitre idiots!
  • Ils sont inventifs: ils ont mélangé la culture populaire aux traditions de longue date. Le tout se déroulait à grande vitesse avec peu de temps morts. Je me fais une idée toute autre de Blanche-Neige chez les sept nains.
  • Ils ont une conscience sociale: le spectacle a servi de levée de fonds pour une fondation qui aide les jeunes enfants victimes d'abus.
Est-ce que les moniteurs du camp sont très différents des autres jeunes de leur âge? J'en doute. Ils sont peut-être plus expressifs que la moyenne ou ils sont peut-être plus aventuriers.

Mais je crois que nous serons entre bonnes mains.

Les émeutes de Montréal: un problème de communication

Je suis ce qui se passe présentement suite aux émeutes de la fin de semaine à Montréal. Pour ceux et celles qui ne sont pas au courant, il y a des détails ici. En résumé, un jeune homme de 18 ans, Freddy Villanueva, a été tué par un policier samedi dernier. Dimanche soir il y avait une manifestation pour dénoncer ce fait. Tout a commencé paisiblement mais les choses ont dégénéré et il y a eu une émeute.

Suite à l'émeute, les leaders communautaires et les policiers ont lancé un appel au calme et ont cherché à ouvrir la porte à un dialogue entre la population et les forces de l'ordre.

C'est une situation triste qui, encore une fois, donne une mauvaise image de Montréal. Par contre, c'est peut-être un évènement qui permettra d'améliorer les relations tendues entre les policiers et la communauté.

En entreprise, en famille, en communauté, parfois il faut une crise pour réaliser à quel point les communications se sont détériorées. Si les choses ne se règlent pas en entreprise, cela se solde parfois par des renvois, parfois par des faillites; en famille c'est le divorce ou le reniement d'un enfant; en communauté c'est le déménagement ou la continuation des problèmes.

Dans les points de presse que j'ai pu voir, j'ai noté les éléments suivants, qui portent à croire qu'il y a de bonnes chances que tout réussisse à se régler:
  • un appel au calme et à la discussion pour régler le conflit;
  • l'invitation à poser des gestes concrets. C'est bien de vouloir améliorer la communication mais cela se démontre par des gestes concrets, pas seulement de belles paroles;
  • le maire Tremblay demande une enquête ouverte et transparente. La transparence est essentielle car si la population a le moindre doute que l'on tente de cacher quelque chose ou que l'on tente de d'éviter de punir un policier, rien ne changera. Au contraire, les relations vont se détériorer encore plus;
  • le maire a évité la polémique. En particulier lors de son point de presse, quelqu'un a tenté de lui faire dire qu'il y avait un problème particulier de violence à Montréal-Nord. Il n'a pas mordu à l'hameçon en notant que c'est le genre de problème qui aurait pu arriver n'importe où ailleurs sur l'Île;
  • on note une emphase sur la recherche de solutions, pas sur le blâme. On sent cela des deux côtés du conflit. Par contre, j'ai noté dans les propos du maire des mots beaucoup plus durs envers les émeutiers qu'envers le(s) policier(s) impliqué(s) dans le décès de du jeune Villanueva.
Afin de s'assurer que les relations s'améliorent et qu'une vraie communication s'établisse, MM. Parent et Tremblay ont beaucoup de travail devant eux. Mais pour entamer la discusssion sur un bon pied, il faudra qu'ils posent des gestes rapides, concrets et visibles. Autrement, on risque de revivre une situation similaire sous peu.

2008-08-04

Sept façons de perdre son emploi à cause du courrier électronique

U.S. News and World Report, une publication américaine, a publié un article expliquant comment la mauvaise utilisation du courrier électronique peut nuire à votre emploi. J'y figure et l'article est ici:

7 Ways Your E-mail Can Get You Fired

Coïncidence? Je travaille justement sur un document qui traite des problèmes potentiels de la communication électronique. Je vous ferai part lorsqu'il sera complété. En français, bien sûr!

2008-05-10

Remerciez votre médecin de famille

Cette semaine, j'ai (encore) été visiter mon médecin de famille. Vers la fin de notre rencontre nous avons un peu parlé de l'état de la profession. Ce n'est pas gai.

Au Québec, il y a un manque flagrant de médecins. De plus, d'après ce que mon médecin me dit, les cas qu'elle voit sont de plus en plus lourds. Cette semaine, elle a vu un couple dont les deux étaient atteints du cancer et aucun n'avait de médecin de famille. Ils ont vu un spécialiste qui leur a dit qu'ils avaient le cancer, mais leur a dit peu de choses en plus. Résultat? Ils étaient pris au dépourvu, ils ne savaient plus quoi faire et se sont tournés vers mon médecin pour les aider.

Leur cas n'est pas unique. Mon médecin de famille me dit qu'elle n'accepte plus de clientèle à moins que ce soit quelqu'un qui n'a pas de médecin de famille. Si vous en avez un déjà et que vous voulez changer "parce que je ne l'aime pas" ou "parce que c'est un peu loin pour aller le voir," il y des chances qu'elle ne vous accepte pas comme patient.

Elle m'a expliqué que beaucoup de médecins quittent la profession car ils en ont marre de se faire maltraiter par leurs patients et par le gouvernement. Le problème ne semble pas prêt d'être réglé, ce qui laisse croire qu'avec le temps les chose ne vont que dégénérer.

Quels sont les problèmes qui affligent les médecins? Les poursuites frivoles, par exemple. Je croyais que c'était un problème aux États-Unis seulement mais il semble que non. Même le mien a été frappé d'une poursuite (ou du moins, d'une inspection) parce qu'un patient était mécontent de ses commentaires. D'un autre côté, lorsque votre médecin vous dit "Mange moins, fais de l'exercice" et que vous ne le faites pas, pourquoi venir chercher de la sympathie auprès d'elle?

Lorsqu'on devient médecin, c'est pour aider les gens ou pour devenir un Shakespeare des formulaires gouvernementaux? La moindre petite chose qui est différente de la norme doit être appuyée par des formulaires plus longs les uns que les autres. Donc, au lieu de passer du temps à s'occuper des patients et de répondre à leurs besoins, elle doit le passer à remplir des formulaires qui ne sont pas standardisés et qui ne sont pas nécessairement adaptés à la situation. Résultat? Stress, mécontentement et défections.

Cette bureaucratie a un autre effet pervers: cela ne laisse pas le temps aux médecins de parler à leurs patients et de les écouter. On cherche à tout optimiser, à faire le patient passer un minimum de temps avec le médecin. Comme les médecins sont souvent payés à l'acte, leur but est de passer le plus de patients... euh... clients possible afin de générer le plus de revenus possible. On oublie que la médecine, ce n'est pas simplement mécanique. Il y a une grande portion qui est psychologique aussi. L'effet placebo est très important et il est peut être possible de le déclencher et de l'utiliser à bon escient par moments. Mais pour ça, il faut avoir le temps de bien écouter et bien comprendre le patient. Et oui, cela demande du temps... qu'on ne laisse pas à nos médecins.

Ce n'est pas tout. Nous avons limité le nombre de diplômés en médecine afin de diminuer les coûts de formation. C'est bien pour maintenant, mais que se passera-t-il à l'avenir? Nos médecins deviennent de plus en plus vieux et ont de moins en moins d'énergie à consacrer. Ce n'est pas qu'ils ne veulent pas, ils vieillissent: ça vient avec! Nous avons sacrifié le futur afin de faire de petits gains aujourd'hui. Dans les années à venir, on va perdre nos médecins les plus expérimentés. Ce sera une tragédie humaine et sociale si nous ne réussissons pas à les remplacer à temps.

Si vous allez voir un médecin dans les jours qui suivent, peu importe la raison, prenez le temps de les remercier sincèrement après votre rendez-vous. Même si vous avez dû attendre. Même si vous avez trouvé que ça n'a pas duré assez longtemps. Qui sait, peut-être serez vous la personne qui fera en sorte que ce médecin décide de rester un peu plus longtemps dans le système.

Quant à vous Dr. M (je n'ai pas demandé la permission de la nommer), j'aimerais vous remercier d'avoir pris le temps de m'examiner, d'avoir répondu à mes questions et de m'avoir fait les recommandations appropriées. J'apprécie votre écoute et le travail que vous faites pour vos patients.

2008-04-06

Un ministre doit parfois se prendre au sérieux

Dans la même émission de "Tout le monde en parle" il y avait la ministre de l'immigration du Québec, Mme Yolande James. Lorsqu'elle est arrivée sur le plateau, l'animateur Guy A. Lepage lui a demandé: "Est-ce que je vous appelle Mme la ministre, Mme James, Yolande ou Yo?" Elle a répondu "Yo".

Le but de passer à ce genre d'émission est "d'humaniser" les politiciens et de les rapprocher de l'électorat. Je crois également qu'il ne faut pas trop se prendre au sérieux, peu importe notre rôle. Par contre, il y a un certain décorum à maintenir lorsque l'on détient un poste officiel. Cette fois, Mme James a commis une erreur.

"Yo" est une exclamation qui peut être utilisée pour saluer ou pour mettre de l'emphase; elle est surtout utilisée en anglais. En français, surtout au Québec, elle a une connotation assez négative. Elle fait référence à une attitude qualifiée par des vêtements mal seyants et une éloquence moins qu'adéquate. À moins que ce ne soit son vrai nom, ce n'est pas un diminutif qui sied à un personnage du statut de Mme James.

Il ne faut pas se prendre au sérieux, mais il ne faut pas non plus se couvrir de ridicule. Même Guy A. Lepage, qui n'a pas sa langue dans sa poche, semblait pris de court. Pendant son entrevue, il l'a toujours appelée "Yolande", pas "Yo".

Technique vs humain

Ce soir à "Tout le monde en parle", Gilles Duceppe a commenté sur la tragédie des Îles de la Madeleine. Il a commenté (à peu près) ainsi le fait que le gouvernement ne veuille pas entamer un enquête publique sur le drame: "Parfois on oublie qu'il est plus important de regarder le côté humain que de trouver l'erreur technique. Les gens ont besoin de parler et d'entendre parler."

Lorsqu'on parle en public, lorsqu'on parle à quelqu'un de notre travail, on oublie souvent ce principe. On pense que les aspects techniques sont les plus importants et l'on délaisse le côté humain.

Pour pallier:
  • raconter des histoires;
  • utiliser des personnages ou des personnes qui paraissent réalistes;
  • laisser le public s'exprimer, lorsque c'est approprié (ce ne l'est pas toujours);
  • être à l'écoute du public.